Alzheimer et alimentation:
comment prévenir et accompagner la maladie par l’assiette ?

La maladie d’Alzheimer est aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique. En France, près d’un million de personnes en sont atteintes, soit environ 1 personne sur 10 après 65 ans et près de 3 personnes sur 10 après 85 ans. Ce chiffre pourrait doubler d’ici 2050 en raison du vieillissement de la population et de son mode de vie occidental. La maladie apparaît généralement autour de 65 ans, bien que des formes précoces puissent survenir dès 50 ans. Si aucun traitement curatif n’existe encore, la prévention joue un rôle crucial pour ralentir le déclin cognitif et préserver les fonctions du cerveau. Parmi les stratégies les plus efficaces, l’alimentation occupe une place centrale.

Mais quels sont les aliments bénéfiques pour le cerveau ? Quels régimes alimentaires permettent de réduire les risques de développement d’Alzheimer ? Comment notre microbiote intestinal influence-t-il notre mémoire et nos fonctions cognitives ? Cet article vous apporte un guide complet sur les stratégies alimentaires à adopter pour protéger votre cerveau et améliorer votre qualité de vie.

1. Alzheimer et alimentation : quel lien ?

Le cerveau a besoin d’une alimentation spécifique

Le cerveau est un organe gourmand en nutriments, en particulier en oméga-3vitamines Bantioxydants et polyphénols. Ces composants agissent sur l’équilibre des neurotransmetteurs, la plasticité neuronale et la réduction de l’inflammation. De plus, les recherches montrent un lien étroit entre le microbiote intestinal et la santé cérébrale. L’intestin est souvent appelé “le deuxième cerveau” en raison de son influence sur la production de neurotransmetteurs comme la sérotonine et le GABA, qui jouent un rôle clé dans la mémoire et les fonctions cognitives. Un microbiote déséquilibré peut favoriser l’inflammation systémique et accélérer le déclin cognitif, ce qui souligne l’importance d’une alimentation riche en fibres, probiotiques et prébiotiques pour préserver la santé du cerveau.

L’inflammation et le stress oxydatif : facteurs aggravants

De nombreuses études montrent que l’inflammation chronique et le stress oxydatif jouent un rôle majeur dans le développement de la maladie d’Alzheimer (c). Le stress oxydatif est un phénomène naturel qui se produit lorsque notre corps produit des radicaux libres en excès. Ces molécules instables attaquent nos cellules, y compris celles du cerveau, entraînant des dommages qui favorisent le vieillissement prématuré et les maladies neurodégénératives. Ce qui rend ces phénomènes encore plus insidieux, c’est qu’ils sont totalement indolores. L’inflammation au niveau de l’intestin et du cerveau ne provoque aucun symptôme visible pendant de nombreuses années. On ne se rend compte de ses effets délétères que lorsque les premiers troubles cognitifs apparaissent, alors que la maladie est déjà bien installée. Une alimentation inadaptée, riche en sucres raffinés et graisses saturées, peut accentuer ces mécanismes et accélérer ce processus silencieux.

Aliments bénéfiques pour la mémoire et la prévention de la maladie d’Alzheimer : épinards, cacahuètes, noisettes et huile végétale disposés autour d’un modèle de cerveau sur fond bois.

2. Les aliments bénéfiques pour le cerveau

Le régime MIND et le régime méditerranéen

Deux régimes sont particulièrement reconnus pour leurs bienfaits sur la santé cognitive. Cependant, au-delà de suivre ces modèles alimentaires, il est essentiel de consommer les bonnes quantités et de s’assurer que tous les nutriments nécessaires sont présents en quantité suffisante. Chaque personne a des besoins spécifiques, et un manque de certains éléments essentiels peut laisser des facteurs de risque non couverts. Une alimentation équilibrée et variée, incluant tous les nutriments clés du régime méditerranéen et MIND, est indispensable pour une protection optimale du cerveau et une meilleure prévention du déclin cognitif.

  • Le régime méditerranéen, riche en fruits, légumes, poissons gras, huile d’olive, est associé à un risque réduit d’Alzheimer (PubMed). Ce régime est particulièrement efficace car il est riche en antioxydants naturels, qui protègent les cellules du cerveau contre le stress oxydatif, et en graisses saines, qui favorisent une bonne communication neuronale. En limitant les aliments ultra-transformés et en privilégiant une alimentation riche en fibres et en polyphénols, il contribue à la réduction de l’inflammation chronique, un facteur clé dans l’apparition des troubles cognitifs.
  • Le régime MIND, qui combine le régime méditerranéen et le régime DASH, met l’accent sur les légumineuses, les noix et les baies. Ce régime a été conçu pour réduire les risques de déclin cognitif en mettant en avant des aliments riches en polyphénols, antioxydants et acides gras insaturés, qui favorisent la santé neuronale et réduisent l’inflammation cérébrale. Les baies, comme les myrtilles et les fraises, sont reconnues pour leur effet protecteur sur la mémoire. Les noix, en particulier les noix de Grenoble, sont une excellente source d’ôméga-3, tandis que les légumineuses, comme les lentilles et les pois chiches, apportent des fibres essentielles pour un microbiote intestinal sain, un facteur clé pour le bon fonctionnement du cerveau.

Les nutriments clés pour préserver la mémoire

  • Les oméga-3 : Présents dans les poissons gras (saumon, sardine), les graines de lin et les noix, ils sont des composants essentiels des membranes cellulaires du cerveau. Ils jouent un rôle clé dans la réduction de l’inflammation cérébrale, favorisent la communication entre les neurones et améliorent la plasticité synaptique. Plusieurs études ont montré qu’une consommation régulière d’oméga-3 est associée à un ralentissement du déclin cognitif et à une meilleure mémoire. En outre, ils participent à la prévention du stress oxydatif, qui peut endommager les cellules nerveuses et favoriser les maladies neurodégénératives comme Alzheimer.
  • Les antioxydants et polyphénols : Ces composés jouent un rôle clé dans la protection des cellules cérébrales contre les effets néfastes des radicaux libres, responsables du stress oxydatif. Ce stress oxydatif, lorsqu’il est excessif, accélère le vieillissement cellulaire et favorise le développement des maladies neurodégénératives comme Alzheimer. Les antioxydants, présents dans les fruits rouges, le thé vert et les légumes colorés, neutralisent ces radicaux libres et réduisent ainsi les dommages cellulaires. Les polyphénols, que l’on trouve dans le curcuma, les raisins noirs et l’huile d’olive, ont également des propriétés anti-inflammatoires qui protègent le cerveau et améliorent la circulation sanguine, favorisant ainsi une meilleure oxygénation des neurones.
  • Les fibres et probiotiques : Ils favorisent un microbiote intestinal équilibré, qui joue un rôle essentiel dans la prévention de la maladie d’Alzheimer. Un microbiote sain contribue à la production de neurotransmetteurs comme la sérotonine et le GABA, qui influencent directement la mémoire et les fonctions cognitives. De plus, un déséquilibre du microbiote peut entraîner une augmentation de l’inflammation systémique et de la perméabilité intestinale, favorisant ainsi la diffusion de toxines et de médiateurs inflammatoires vers le cerveau. Cette inflammation de bas grade, totalement silencieuse, peut accélérer la neurodégénérescence et augmenter le risque de troubles cognitifs. Adopter une alimentation riche en prébiotiques (légumineuses, ail, oignon) et en probiotiques(aliments fermentés) est donc crucial pour préserver la santé cérébrale.
Aliments typiques du régime méditerranéen : saumon, avocat, fruits de mer, pain complet, légumes frais, olives, fruits et herbes aromatiques, reconnus pour leurs bienfaits sur la mémoire et la prévention de la maladie d'Alzheimer.

3. Les aliments à éviter pour protéger son cerveau

Certains aliments peuvent aggraver le déclin cognitif en favorisant l’inflammation chronique et le stress oxydatif, deux processus impliqués dans le développement de la maladie d’Alzheimer. Ces effets délétères sont souvent silencieux, car ils ne provoquent pas de symptômes immédiats, mais s’accumulent au fil des années, augmentant le risque de troubles cognitifs. Il est donc essentiel d’identifier et de limiter ces aliments dans son alimentation quotidienne.

  • Les sucres raffinés et produits ultra-transformés : Présents dans les sodas, les viennoiseries industrielles, les plats préparés et les céréales sucrées, ils favorisent l’inflammation chronique et augmentent le risque de résistance à l’insuline, un facteur associé au déclin cognitif.
  • Les excès de graisses saturées : Impactent la circulation sanguine cérébrale et favorisent l’inflammation. On les retrouve principalement dans les viandes grasses (bœuf, agneau, porc), les produits laitiers riches en matières grasses (beurre, crème, fromage à pâte dure), les huiles de palme et de coco, ainsi que dans de nombreux produits ultra-transformés comme les pâtisseries industrielles, les plats préparés et les fast-foods.
  • L’alcool en excès : Accélère la perte de mémoire en perturbant la communication entre les neurones et en augmentant le stress oxydatif dans le cerveau. Une consommation excessive d’alcool endommage les cellules cérébrales et réduit la production de neurotransmetteurs essentiels à la mémoire et à l’apprentissage. De plus, l’alcool peut provoquer des carences en vitamines B1 et B12, essentielles au bon fonctionnement du système nerveux, contribuant ainsi à un vieillissement cérébral prématuré.
Assortiment d’aliments ultra-transformés riches en sucres, en graisses et en additifs : donuts, frites, soda, bonbons, nuggets, hot-dog et chips, symboles d’une alimentation nocive pour la santé cérébrale.

4. Le microbiote intestinal : un allié méconnu pour la cognition

Le lien entre l’intestin et le cerveau est aujourd’hui une réalité scientifique. Un microbiote déséquilibré peut être impliqué dans les maladies neurodégénératives. Ce lien est en grande partie médié par le nerf vague, une autoroute de communication entre l’intestin et le cerveau. Ce nerf transmet des signaux biochimiques et neurologiques qui influencent les fonctions cognitives, l’humeur et l’inflammation cérébrale. Un microbiote intestinal sain envoie des signaux positifs au cerveau, favorisant la production de neurotransmetteurs comme la sérotonine et le GABA, qui jouent un rôle clé dans la mémoire et la gestion du stress. À l’inverse, un déséquilibre du microbiote peut induire une réponse inflammatoire excessive qui, via le nerf vague, aggrave le stress oxydatif et accélère le déclin cognitif.

Quels aliments pour un bon microbiote ?

  • Aliments riches en prébiotiques : Ail, oignon, asperges. Les prébiotiques sont des fibres spécifiques qui servent de nourriture aux bonnes bactéries intestinales. Ils favorisent la croissance des probiotiques, améliorent l’équilibre du microbiote et renforcent la barrière intestinale. Un microbiote en bonne santé contribue à une meilleure communication entre l’intestin et le cerveau, réduisant ainsi l’inflammation et le stress oxydatif, deux facteurs impliqués dans le développement de la maladie d’Alzheimer.
  • Aliments fermentés riches en probiotiques : Yaourt, choucroute, kombucha. Les probiotiques sont des micro-organismes vivants, principalement des bactéries et levures bénéfiques, qui contribuent à l’équilibre du microbiote intestinal. En favorisant une flore intestinale diversifiée, ils aident à réduire l’inflammation et à renforcer la barrière intestinale, limitant ainsi la circulation des toxines vers le cerveau. De plus, ils jouent un rôle clé dans la production de neurotransmetteurs essentiels comme la sérotonine et le GABA, influençant ainsi directement la mémoire, l’humeur et la cognition.
Assortiment d’aliments sains riches en fibres, antioxydants, prébiotiques et oméga-3 : légumes frais, légumineuses, épices, graines et huile végétale, essentiels pour nourrir un microbiote équilibré et soutenir la santé cérébrale.

5. Stragégies alimentaires : adopter les bons réflexes

Voici quelques astuces pratiques pour adapter votre alimentation :

  • Privilégiez une assiette colorée, riche en légumes variés, car chaque couleur correspond à des nutriments spécifiques bénéfiques pour la santé cérébrale. Les légumes verts à feuilles (épinards, chou kale) sont riches en folates et en vitamine K, essentiels à la mémoire. Les légumes rouges et oranges (tomates, poivrons, carottes) apportent des antioxydants puissants comme le bêta-carotène et le lycopène, qui réduisent le stress oxydatif. Les légumes violets et bleus (aubergines, betteraves) contiennent des anthocyanes, connues pour leurs effets protecteurs contre le déclin cognitif. Une alimentation diversifiée garantit un apport équilibré en nutriments essentiels à la préservation des fonctions cérébrales et du microbiote intestinal.

  • Consommez du poisson gras 2 fois par semaine pour bénéficier d’un apport optimal en oméga-3, des acides gras essentiels à la santé du cerveau. Ces nutriments participent à la fluidité des membranes neuronales, favorisent la communication entre les cellules cérébrales et réduisent l’inflammation, un facteur clé dans le développement de la maladie d’Alzheimer. Les poissons comme le saumon, la sardine ou le maquereau sont particulièrement riches en DHA, un oméga-3 reconnu pour ses effets protecteurs sur la mémoire et la cognition..

  • Diminuez les aliments ultra-transformés et optez pour des plats faits maison. Ces aliments, riches en additifs, sucres raffinés et graisses de mauvaise qualité, perturbent le microbiote intestinal et augmentent l’inflammation chronique, un facteur clé dans le développement de la maladie d’Alzheimer. De plus, ils contribuent au stress oxydatif et à l’altération des vaisseaux sanguins cérébraux, réduisant ainsi l’apport en oxygène et en nutriments essentiels aux neurones. À long terme, leur consommation excessive accélère le déclin cognitif et augmente le risque de troubles neurodégénératifs.

  • Testez le jeûne intermittent, une pratique ancestrale qui offre de nombreux bienfaits pour la santé cérébrale. En stimulant l’autophagie, un processus naturel de nettoyage cellulaire, le jeûne intermittent permet d’éliminer les toxines et les cellules endommagées, réduisant ainsi l’inflammation et le stress oxydatif, deux facteurs clés dans le développement de la maladie d’Alzheimer. De plus, cette habitude alimentaire favorise la production de cétones, une source d’énergie alternative bénéfique pour les neurones. Pratiqué depuis des millénaires par de nombreuses civilisations, le jeûne intermittent s’intègre facilement dans le mode de vie moderne et constitue une approche simple et efficace pour protéger la mémoire et améliorer la clarté mentale.

Poissons gras entiers frais (maquereaux, dorades) posés sur un plateau avec gousses d’ail et citron, sources naturelles d’oméga-3 bénéfiques pour la mémoire et la santé cérébrale.

6. Conclusion et plan d'action

Adopter une alimentation anti-Alzheimer est un levier puissant pour préserver sa mémoire et son bien-être. Pour y parvenir, voici un plan d’action simple et efficace :

  • Introduire des oméga-3 régulièrement : consommez du poisson gras (saumon, sardine, maquereau) 2 fois par semaine.
  • Privilégier une assiette colorée : intégrez des légumes verts, rouges et violets tous les jours pour bénéficier de leurs antioxydants et polyphénols protecteurs.
  • Favoriser les bonnes graisses : utilisez de l’huile d’olive extra vierge et ajoutez des noix à vos repas quotidiens.
  • Consommer des aliments fermentés : yaourt, choucroute, kéfir ou kombucha 3 à 4 fois par semaine pour un microbiote équilibré.
  • Limiter les sucres raffinés et les aliments ultra-transformés : réduisez leur consommation à un minimum en préparant des plats maison.
  • Tester le jeûne intermittent : commencez par un jeûne de 12 à 14 heures la nuit et augmentez progressivement si cela vous convient.

Ces ajustements, adoptés de manière progressive, permettent de couvrir tous les facteurs de risque et d’optimiser la santé cognitive à long terme.

7. QUELQUES SOURCES SUPPLÉMENTAIRES

Alzheimer et alimentation : une piste de prévention prometteuse
Ce dossier de l’Inserm offre une vue d’ensemble sur la maladie d’Alzheimer, incluant des informations sur les facteurs de risque et les approches de prévention, notamment l’importance d’une alimentation équilibrée.

Nutrition, cerveau et prévention d’Alzheimer : que manger ?
Ce dossier explore le rôle crucial du microbiote intestinal dans la santé générale, y compris son impact sur le cerveau et les fonctions cognitives, soulignant l’importance des fibres et des probiotiques.

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